Patinage artistique

Dans la rubrique « Dans le rétro », je reprends in extenso certains des articles les plus populaires de mon ancien blog. Histoire de s’en (re)mettre plein les mirettes … dans ce numéro, mix de deux posts : « Miroir, mon beau miroir … » et « Patiner la patère ».

 

C’est un miroir que j’avais acheté au marché aux puces des Salins, il y a plusieurs années déjà. Je l’avais d’ailleurs patiné à l’époque, en blanc cassé, taupe et bronze-doré. Il était dans l’entrée de notre appartement de Clermont, simplement posé sur une commode. Depuis notre arrivée à Pouzol, il prenait la poussière dans la véranda.

Pour retaper ce miroir, il a d’abord fallu retirer la glace puis les fixations qui la maintiennent en place et qui sont vissées au dos. Martial et moi avons choisi un effet métal de chez Libéron (base noire puis effet aluminium appelé très poétiquement Elixir à dorer). Seul hic, c’est une peinture acrylique alors que mon miroir était peint en glycéro. Donc, d’un simple égrénage, on passe directement à un décapage complet.

Et là, c’est pas la même chose ! Il faut du décapant, une spatule et de la paille de fer fine, de la patience et beaucoup, BEAUCOUP d’huile de coude ! Il ne s’agit pas d’y aller fort, il faut y aller régulièrement, dans le sens du bois.

J’ai utilisé un décapant en phase aqueuse. Il a une qualité, il est quasiment inodore, ce qui évite le mal de tête et les visions hallucinogènes.

On travaille du pinceau, en badigeonnant grassement la zone à décaper. J’ai laissé poser une nuit puis gratté toutes les parties qui se détachaient en pelant. Vient alors la partie « paille de fer », en frottant dans le sens du bois. J’ai tendance à remettre un peu de produit en cours de route, je trouve que ça fonctionne bien.

 Au bout de quelques heures de boulot (contre 10 minutes, si je n’avais eu qu’à poncer avant peinture), j’avais en ma possession un cadre en bois bien brut. Seul petit bémol : la peinture blanc cassé sur le cadre intérieur était plus que récalcitrante.

Et quand le décapant est inefficace, il reste le Dremel. Un nouvel ami à moi, tout petit et tout bleu. C’est un appareil électoportatif spécial loisirs créatifs et bricolage minutieux. C’est comme une minuscule perceuse, sauf qu’en plus de mettre des mèches, on peut aussi utiliser de tous petits accessoires (pour poncer, meuler, graver, polir, etc.).

J’ai donc dégainé la toute petite ponceuse, et en avant ! La peinture blanc cassé n’a pas beaucoup résisté à la puissance de l’engin. J’exagère à peine, c’est quand même assez puissant, et comme le bois du miroir est tendre, ça peut faire quelques estafilades et autres entailles.

Vient ensuite la phase de la peinture. C’est génial, on passe des heures à décaper pour ensuite tout repeindre en deux minutes ! D’abord une couche de gesso (une peinture blanche assez épaisse, qui sert de sous-couche mais peut aussi servir de couche de finition, d’un beau blanc mat velouté).

Ensuite, la finition. Une première couche de noir (peinture de fond Noir oxyde de fer,de Libéron) appliquée directement sur le gesso, après un léger égrénage au papier de verre fin. Autant le gesso est épais, pour bien couvrir le bois brut, autant cette peinture noire est fluide et facile à appliquer. Du coup, elle a un peu tendance à couler sur les doigts et je ne saurais que vous conseiller de porter des gants, car la peinture met environ 24 heures à daigner prendre la poudre d’escampette.

La deuxième couche de noir s’applique encore plus facilement que la première et donne ce fini noir satiné super beau. L’emballage Libéron précise que c’est une peinture lessivable, donc ça ne craint pas l’eau, donc c’est OK pour l’utiliser sur un miroir qui va aller dans une salle de bain.

Cette patine peut être réalisée en une journée en fait, car les couches de noir peuvent être appliquées à 3 heures d’intervalle et la patine métallisée nécessite seulement 2 heures de séchage.

Place à la patine, donc. Un petit peu de ponçage et la patine métallisée donne tout son effet ! Je l’ai appliquée au gros pinceau, en insistant un peu sur les creux. Les instructions de Libéron précisaient de frotter les arêtes avec un chiffon mais je n’ai pas trouvé que c’était très efficace (en fait, ça sèche hyper vite).

Qu’à cela ne tienne, j’ai re-re-redégainé mon papier de verre et j’ai un peu frotté les reliefs pour donner un léger effet vieilli. Le fini aluminium est vraiment super sympa, et je suis bien contente qu’on ait pris celui-là (on a un peu hésité avec le fini « argent » mais ça faisait un peu bling-bling).

De loin, on voit que le noir domine. La patine donne un reflet assez subtil qui atténue le côté foncé du cadre.

Après, on refait la même, à l’envers : on remet le miroir en place, on refixe les attaches au dos, en utilisant les trous précédents. Il faut faire attention à ne pas trop serrer pour ne pas que la vitre se brise (7 ans de malheur !).

Et il faut bien le fixer, ce miroir ! J’ai pris des attaches de type « peigne » que j’ai vissées à l’arrière du miroir, à une douzaine de centimètres du bord.

L’emballage ne survent pas son produit, on met bien 1 minute pour fixer 2 peignes (et donc 4 minuscules vis).

Pour décider de l’emplacement du miroir sur le mur, un peu de mathématiques sont nécessaires. On mesure tous les paramètres du miroir (hauteur, largeur et distance entre les peignes et les bords) puis l’espace disponible sur le mur (équidistance entre le luminaire et le rebord, centrage sur le robinet).

Et quand on prend un peu de recul, c’est carrément le délire ! Le miroir est bien centré, sa couleur sombre tranche bien avec le blanc du lavabo, l’enduit gris clair du meuble vasque et le satiné du luminaire. Le fini métallisé rappelle quant à lui le brillant du robinet, de quelques uns des accessoires de déco et de ce même luminaire.

Deuxième objet à recevoir une patine noir et argent toute en subtilité ; la patère …

Voici donc la patère dans toute sa non-splendeur originelle. Martial l’avait repérée lors de notre shopping salle de bain à Leroy Merlin (24,90 € mais je l’ai vue ensuite à 19,90 € à Casto). J’ai dit OK, mais exit la couleur rouge brique. Puisqu’on achetait de la patine pour le miroir, j’ai proposé de relooker la patère en même temps et le deal était fait.

Première étape : retirer les vis de fixation. Vous pouvez les réserver dans un ramequin (surtout si vous voulez les remettre ensuite) mais là, je les ai fichées dans un morceau de polystyrène. Explications dans un instant.

Autre petit souci de la patère : les bagues dorées entre les boules en céramique et les attaches en métal. J’aime pas bien le doré, surtout en déco, mais rien de doré ne résiste à la bombe d’argenté (Luxens, effet chromé), et après avoir scotché les parties à protéger, j’ai argentisé les bagues dorées, qui du coup, n’étaient plus dorées.

Pour la couleur, même processus que le miroir. On a choisi la finition noir+alu de chez Liberon (Métal patiné, environ 30 € pour les deux pots) et on l’a appliquée selon les consignes de la marque : deux couches de noir, avec un léger ponçage entre chaque, puis la patine au pinceau un peu rigide pour aller tranquillement dans les creux.

Concernant les vis (qui étaient tout aussi rouge brique que le reste), je les ai donc plantées dans un morceau de polystyrène pour pouvoir les bomber tranquille. Je les ai d’abord bombées en argenté (comme les bagues) mais en les approchant de la patère terminée, ça n’allait pas du tout. Pas de problème ! Je les ai bombées en noir, et le tour était joué !

Après avoir remis l’armature en métal sur la planchette en bois (laissée au naturel, tout n’a pas besoin d’être pile-poil dans la même teinte de bois) en la fixant avec mes vis rouges-puis-argentées-puis-noires, il a fallu accrocher tout cela au mur.

J’ai utilisé ma désormais célèbre méthode du scotch de masquage : je place une bande de scotch à la hauteur calculée des fixations (j’ai fait un peu de maths pour aligner le haut des boules en céramique avec le haut du radiateur tout en centrant la patère entre ce dernier et la porte) et j’y trace la position de mes trous de chevilles.

Après avoir passé 5 minutes à percer chaque trou dans ce satané carrelage, j’ai pu glisser les chevilles et les vis (en les laissant dépasser de 5 mm pour pouvoir y glisser les attaches de la patère).

Installation, observation, exclamation, jubilation.

En plus, on peut y accrocher nos deux peignoirs, des pyjamas, tenues de sport et tout ce qui a besoin d’être pendu à une patère dans une salle de bain.

La preuve.

 Plein les mirettes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>