Des méfaits et des doigts de fée

Maintenant que le gîte est terminé, et que 2013 aussi, j’ai pu faire un premier bilan et savourer le travail accompli. En prenant un peu plus de recul, je peux aujourd’hui contempler ce que j’ai fait de mes dix doigts et enregistrer les erreurs que j’ai commises pour ne plus les reproduire – jamais !

Comme ma manie des listes rejoint celle des palmarès, je vous propose un petit récapitulatif des talents que j’ai dû déployer pour venir à bout de ce gîte, mais aussi les bêtises que j’ai faites et qui, j’espère, me serviront de leçon une bonne fois pour toutes.

Commençons par les bêtises/erreurs/mésaventures/couacs/embûches …

 

1. Le calendrier tu ne sous-estimeras pas. Je pensais ouvrir le 1er mai – et mes premiers clients « officiels » ont dormi dans la Chambre Adèle le 25 décembre au soir (des amis de Marseille avaient déjà passé une nuit dans la Suite Eugénie en juillet, alors que la salle de bain n’était pas terminée). Certes, les artisans ont pris leur temps, mais je n’ai pas non plus bombardé comme une folle, surtout après le couac #2.

Ce que j’ai surtout sous-estimé, c’est le temps qu’allaient prendre les démarches administratives. Il y en a pour tout, partout, des papiers, des déclarations, des stages, des formations, des visites de contrôle – et ce n’est pas fini à l’heure où j’écris ces lignes.

*Mon conseil : ne jamais penser qu’on commence trop tôt. C’est vrai que la partie que je m’étais réservée (aménagement/décoration) arrive théoriquement en dernier mais j’aurais pu anticiper sur le choix des meubles par exemple (et les poncer et les sous-coucher en attendant le choix définitif des couleurs de la déco). Idem pour les démarches.

 

2. Jamais ton coude tu ne re-blesseras. C’est ce qui s’est passé quand j’ai bombardé comme une folle. Pour peindre tout le premier étage du gîte avant que les menuisiers ne mettent le parquet (et ainsi éviter de le salir), j’ai peint et peint et peint (jusqu’à 5 couches certains murs)et je me suis fait une épicondylite du coude droit (ça arrive aussi à ceux qui repassent de façon intensive, mais chez moi, il n’y a pas de risque de ce côté-là).

C’est ni plus ni moins qu’un tennis elbow, et c’est très douloureux. Cet adage vaut d’ailleurs pour n’importe quelle partie du corps et n’importe quelle type de blessure. Je sais que j’ai tendance à me faire mal quand je suis fatiguée, c’est donc à moi à mieux gérer mon temps/mes tâches/mes échéances pour ne pas me mettre en danger.

*Mon conseil : écouter les signaux de son corps et s’arrêter à temps. Alterner les tâches « physiques » et « intellectuelles » pour continuer à être productif sans perdre de temps.

 

3. Toujours tes sols tu protègeras. Ha ! C’est vrai que c’est pas marrant de coller des scotches, d’étaler du papier journal ou du carton, voire une bâche.

Mais en fait, c’est encore moins marrant de passer des heures (sans exagérer) accroupie à gratter les sols et à nettoyer les tâches diverses et variées sur du carrelage ou du bois. Donc mettre un carton sous l’armoire marron, c’est bien. En mettre plein pour que ça ne coule pas par terre, ÇA AURAIT ETE MIEUX !

*Mon conseil : garder les grands emballages en carton, les découper et les poser par terre le long des plinthes pour une bonne protection (j’ai gardé les cartons des meubles de cuisine Ikea, des radiateurs et sèche-serviettes et du ballon d’eau chaude).

 

4. La précipitation tu éviteras. Je sais, c’est un peu paradoxal après ce que j’ai expliqué en #1 mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Ce que je veux dire là, c’est qu’en matière de bâtiment, la précipitation fait parfois prendre de mauvaises décisions. Le meilleur exemple dans mon cas ? La douche de la salle de bain du haut.

Si j’avais anticipé le résultat final, j’aurais probablement opté pour une douche qui occupe entièrement le mur du fond, avec juste une cloison en pavés de verre ou une paroi fixe. Et j’aurais fait un autre choix de revêtement de sol (des dalles de plancher en multiplis et des dalles autocollantes de lino). Heureusement, c’est le seul « regret » de ce chantier, ce qui n’est pas si mal finalement.

*Mon conseil :  Prendre le temps si on peut de vivre un moment dans un espace avant de trancher en faveur de telle ou telle idée déco, afin de choisir ce qui convient le mieux à son propre type de vie (autre exemple : la disposition des meubles dans une cuisine).

 

5. Les artisans tu surveilleras. Aaaaahhhh, les artisans … Même si j’avais pris l’option « suivi de chantier » avec l’architecte qui a conçu le gîte, il fallait quand même être sur le dos des artisans pour vérifier ce qu’ils faisaient et signaler les malfaçons et/ou les réalisations qui s’éloignaient trop de mes demandes.

La palme est allée aux carreleurs, qui ont cru acceptable de me rendre un rez-de-chaussée carrelé avec des découpes qui n’étaient pas alignées …

Inutile de dire que j’ai fait refaire (surtout qu’aucune plinthe n’allait venir cacher ce raccord approximatif), même si la chef d’équipe a tenté de me faire croire que c’était difficile à faire (?!…). Les carreleurs ont eu des choses difficiles à faire, comme la plinthe au bas du mur en pierres apparentes, et ils s’en sont sortis comme des chefs !

En parlant de choses difficiles à faire, la douche à l’italienne de la salle de bain du rez-de-chaussée a été faite en deux fois (car le travertin au sol n’était pas aligné avec les carreaux marrons). J’ai râlé et la chef d’équipe a proposé une solution qui s’est révélée plus jolie que ma première idée. Comme quoi …

J’ai eu aussi à faire intervenir les menuisiers pour ajuster la fermeture des fenêtres afin qu’elles soient parfaitement étanches (ils étaient encore ici la semaine dernière) et les plombiers après une fuite dans le plafond (due à une malfaçon dans une pièce sertie d’usine).

*Mon conseil : ne pas hésiter. C’est toujours difficile de demander mais c’est leur boulot et c’est vous qui devrez vivre avec une finition approximative si vous ne dites rien.

 

Et maintenant, les bonnes surprises/plaisirs/tours de main/talents/découvertes ….

1. Les artisans tu re-convoqueras. Et oui ! Malgré tout, ils connaissent leur(s) métier(s), ont le savoir-faire nécessaire, le matériel adapté (échafaudages, pelleteuses, marteau-piqueur que sais-je …) et la technique pour venir à bout de tout.

Le projet du gîte n’a été entamé que parce que j’avais les moyens de faire faire tout le gros oeuvre et la majeure partie du second oeuvre. Et avec le recul, j’aurais dû faire peindre les murs ivoire (et ne garder que les murs d’accent pour la fin) et faire entièrement installer la douche dans la salle de bain de l’étage.

J’en ai aussi profité pour demander des tuyaux, parfois même un coup de main ponctuel. Tous se sont exécutés avec plaisir car je mettais un point d’honneur à toujours offrir le café ou une boisson fraîche suivant la saison et que cette attention était appréciée.

L’électricien a par exemple fixé tous les luminaires sans supplément de prix alors que ça n’était pas prévu dans le devis. Et comme j’avais prévenu tout le monde que je n’avais pas un sou de plus que le budget initial, tous ont joué le jeu de la recherche d’économies sans sacrifier au confort ou à la sécurité. Et on est restés dans les clous.

Ça vaut d’ailleurs aussi pour le fait d’avoir pris un architecte. Il m’a coûté moins de 10% du prix total du chantier et c’est lui qui a proposé une des curiosités majeures du gîte : le plafond courbe en bois (qui m’attire le plus de compliments, avec la grande baie vitrée).

Tous les choix d’aménagement et purement décoratifs sont sortis de mon imagination (le design de la cuisine, des meubles de salle de bain, le choix des carrelages et faïences, des teintes de bois et des différentes couleurs de peinture), mais je dois le plafond à l’architecte (ainsi que l’idée des grosses boules en papier). Et je n’étais pas hyper emballée au début, faut bien le reconnaître.

*Mon conseil : faites confiance aux pros du bâtiment. Même si on surveille ce qu’ils font (et qu’on appelle sans cesse les jours où ils ne se pointent pas sur le chantier), le jeu en vaut la chandelle. Des relations basées sur le respect et la franchise m’ont beaucoup servie, et même si je n’ai pas fini mon chantier dans les temps, je suis restée dans mon budget.

 

2. Le travail du bois tu continueras. Ça a été la révélation de ce chantier. J’ai adoré travailler le bois (j’en ai déjà parlé lors du Palmarès 2013), le couper, le poncer, le décaper, le façonner et même regarder faire les artisans, notamment au moment de la pose du parquet ou de l’escalier.

Il me reste pas mal de boulot dans la cuisine de la maison, où il y a encore quelques meubles et plans de travail à ajuster, notamment autour de l’évier.

Mais j’ai vraiment envie de continuer à construire des objets en bois (comme la table basse du gîte ou le meuble de toilette), à en retaper d’autres (comme le valet abîmé) et remplir ma vie de sciure, de patines et de vernis. Et souvenez-vous de ma tablette

*Mon conseil : s’il y a une tâche que vous adorez dans un chantier, gardez-la pour la fin – si c’est possible, bien sûr. A chaque séance de travail, évacuez ce qui est pénible/barbant pour avoir du temps pour ce qui est satisfaisant et/ou gratifiant.

 

3. La persévérance tu chériras. OUI, même quand les semaines passent et qu’aucun artisan ne se pointe sur le chantier. Même quand une armoire fait de la résistance et que les larmes de rage coulent sur tes joues à cause de la (bi)couleur de la peinture.

Même quand tu repousses sans cesse la pose de la porte de douche car tu as peur de mal faire, et qu’en fait, en s’y mettant à deux et en prenant son temps pour tout vérifier trois fois, ça marche comme sur des roulettes. Même quand il faut renvoyer le formulaire XYZ, qu’il faut faire un stage de ci ou une formation de ça, attendre que machin soit venu vérifier que tout a été bien fait pour que bidule paie sa subvention.

*Mon conseil : se faire confiance. Pas facile, mais salvateur. Et demander de l’aide quand on en a besoin, ça aussi c’est salvateur.

 

4. La déco tu poursuivras. C’est rien de dire que ce gîte a été créé de toutes pièces et que je suis entièrement responsable de la déco (à part le plafond courbe en bois et ses lampions en papier, donc). J’ai adoré ce travail-là aussi, chercher les couleurs, les matières et les bons plans pour ne pas cramer tout le budget.

J’ai essayé de faire quelque chose de joli, élégant et confortable sans que ça soit difficile à vivre (les enfants et les animaux sont acceptés dans ce gîte !) et j’ai aussi essayé de ne pas faire un copié-collé avec la maison (même si on retrouve une base commune avec le blanc, l’ivoire, le gris clair, le bois clair et foncé, le brun et le noir). On ne change pas une palette de couleurs qui gagne.

Et le choix des couleurs d’accent dans les chambres a été un peu plus audacieux que ce que j’aurais fait pour chez moi mais je suis contente d’avoir sauté le pas, car je reçois plein de compliments pour la déco de ces espaces nuit.

 

5. Ton instinct tu célèbreras. J’ai suivi mes tripes concernant le choix crucial du label pour mon gîte/chambres d’hôtes et je reste convaincue d’avoir tapé dans le mille.

Le choix de Clévacances n’est pas le premier choix à priori (tout le monde a tendance à penser « Gîtes de France » dans ces cas-là) mais je suis hyper satisfaite d’eux. Ma sélection s’est faite sur l’aspect plus « moderne » de leur site Internet et je suis très contente de notre collaboration. Idem pour mon conseiller Clévacances, qui m’a aidée de bout en bout avec ce projet, depuis les premiers dossiers jusqu’à la labellisation finale. Un sans faute.

Je suis maintenant référencée dans leur site Internet (Auvergne et national) et je travaille actuellement à la visibilité de mon propre site Internet (www.lecloslafayette.com) dans les moteurs de recherche.

*Mon conseil : faites confiance à votre instinct. Ça n’empêche pas le travail mais ça fait parfois gagner du temps. Et j’ai aussi remarqué qu’une attitude positive engendrait des situations positives. Le gagnant-gagnant au service d’un chantier de plus de 18 mois !

 

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